La transmission comme outil d’apprentissage, par Nicolas Bouteillier

A propos de l’auteur : Si Nicolas Bouteillier était une liste de tag: développeur, technicien, artisan, entrepreneur, geek.
Nicolas est développeur depuis 2002, il a accompagné en mode lean startup plusieurs démarrages de projets, gérant de sa SARL, auto-entrepreneur, salarié,
c’est un touche à tout riche d’expériences variées qui a accosté sur les rives de l’agilité sans jamais quitter le monde entrepreneurial.

Pourquoi et comment ça m’aide à apprendre ?

À un certain moment d’une carrière, il devient nécessaire de transmettre ce que l’on sait pour atteindre une nouvelle étape de développement.
Le fait de transmettre apporte une vision extérieure à ce que tu fais, ça te force à prendre du recul, voir si la manière dont tu fais les choses est bonne et éventuellement comment la faire évoluer pour le rendre pertinente à partager.

Une fois que tu as fais le point sur ce que tu veux transmettre, (du code, une méthodologie, un bout de framework que t’as écris) il faut synthétiser le tout, tu ne peux pas envoyer des infos brutes , tu développes ou renforces donc de nouvelles compétences, et tu mets de l’ordre dans tes idées, tes process, ton esprit, tes compétences.

Ça va aussi te permettre d’abandonner, de jeter des choses que tu ne souhaiterais pas partager.
Une fois ce ménage fais, tu dois mettre en place un résumé, puis transmettre les informations.

Sans ce besoin, cette envie de partager tu ne fais pas cette synthèse, cette prise de recul, d’une certaine manière tu vas te livrer un peu. De mémoire je ne l’avais jamais fait avant d’en avoir besoin, je ne me suis jamais dis:
« Tiens, je vais prendre du recul sur ce que j’ai fais depuis ces six derniers mois »

Ça se fait dans le cadre de l’agilité, avec notamment les rétrospectives de Scrum, mais sorti de ce contexte là ça n’est pas une habitude répandue.

La rétrospective est appliquée au code des derniers jours ou dernières semaines, le fait de transmettre dépasse les attentes et les buts d’une rétrospective, car tu vas passer à ton auditoire beaucoup plus que quinze jours de code, tu voudras donner tes valeurs, ta manière de coder, ta passion, ça permet de prendre du recul sur beaucoup plus que deux semaines de code.

Prends tes responsabilités !

Le fait de transmettre ça te force aussi à faire ce que tu dis, pour passer de la théorie à la pratique, ça va te pousser à implémenter les bonnes pratiques que tu souhaites passer, être meilleur, progresser.

Le but de cet article est de te faire voir tous les bénéfices à consacrer du temps à rendre disponible aux autres les connaissances, les compétences que tu as accumulées, à travers le moyen d’expression qui te correspond le plus, : blog, vlog, podcast, sessions de formations, cours  …

Je prends l’exemple des bonnes pratiques de dév, le fait de le partager avec les autres va te pousser à t’y mettre plus, ça va te donner l’impulsion pour faire ce test qui t’embête, pour faire cette refacto, pour réparer ton script de déploiement automatique qui va jouer tes tests…

Ça va t’aider à être consistant dans l’application de toutes les bonnes choses que tu expliques, tout simplement pour être crédible, et cohérent avec toi même.

Ça te rends responsable de tes actes envers ceux à qui tu t’adresses, sinon c’est « bullshit ».

Si on t’explique cinquante fois les bénéfices à écrire des tests, mais que celui qui te l’explique ou qui te l’impose n’en écrit jamais (parce qu’il n’a pas le temps par exemple) tu ne vas pas lui reconnaître de légitimité, même si c’est une bonne pratique, et qu’il faut le faire, car lui ne le fait pas. Donc tu ne vas pas les faire, pas tout le temps, ou sans vraiment ressentir pourquoi il faut.

Si il y a incohérence entre le discours et le comportement, ça ne fonctionne pas, nous sommes des copieurs, nous apprenons en singeant, au delà des mots, le comportement est bien plus important !

Petite digression, les bons leaders sont ceux qui montrent l’exemple, ceux qui sont en première ligne quand il le faut, c’est ceux là qu’on suit volontiers.

Pour conclure, transmettre va te motiver à faire les choses bien, et à être consistent, il est évident que ce que tu as envie de partager, et de donner aux autres, c’est ce que tu fais le mieux, ce que tu fais bien, tu ne vas pas partager ce qui ne va pas, sauf pour l’exemple de choses à améliorer, mais lorsque tu parles des choses qui ne vont pas, tu as déjà mis en place les corrections ou tu vas le faire rapidement!

Les méthodes pour transmettre

Les stagiaires

La première chose à faire dès que c’est possible est de prendre des stagiaires, c’est une très bonne méthode pour passer des connaissances, participer à la formation et laisser une empreinte positive sur la prochaine génération de développeurs.

Si tu prends le temps de partager les bonnes pratiques, la vision, la qualité, l’artisanat, et si tout le monde le fait, ça permettra à toutes les prochaines vagues de dév d’être sensibilisées aux valeurs essentielles, et d’entrer dans le monde du travail avec une vision de notre métier qui nous a fait défaut à nos débuts (souvent), et que nous avons pour certains appris à travers des moments douloureux (burn out, désintéressement total, extinction de la passion, code dont nous étions honteux …)

Je ne mets pas en doute la capacité des formateurs et des enseignants à passer ces bonnes choses, ceci dit, la philosophie que tu partages ici avec nous ne s’apprend pas à l’école, elle se vit.

La première expérience réelle d’un dév, dans une équipe, ou même juste en binôme, que ça soit un stage longue durée, ou bien son premier poste, va le marquer une grande partie de sa carrière, en bien ou en mal.

L’idéal est de le marquer en bien, en le mettant de suite sur la bonne voie.

Dans tous les cas, je te conseille de prendre des stagiaires, même si t’es solo-preneur.

Sur le web

Tout ce qui est forums, Q&A et communautés d’entre-aide va avoir beaucoup moins l’effet recherché, ce sont toujours des questions précises, techniques, et il ne va pas y avoir la prise de recul global.

C’est bien pour aider les autres, mais a n’a pas les bénéfices que nous recherchons ici.

Produire du contenu et le partager

Tout ce qui est blog, vlog, podcast sont de très très bons vecteurs.

Ne te trompes pas, c’est exactement ce qu’on fait ici, on partage, pour faire avancer les choses, et ça nous fait avancer à nous aussi, c’est très enrichissant.

Produire du contenu sans le partager (au début au moins)
Écrire un article, produire un vlog ou un podcast sans le partager est possible, tu le fais pour toi, et tu peux avoir une certaine partie des bénéfices de la transmission.

Fais le, écris ton article, même si personne ne le lis, ça te permettra quand même d’activer une partie des processus que vont te faire avancer.

Si plus tard, tu as envie de les partager, lorsque tu sera prêt à avoir du feedback tu pourras profiter du reste des bénéfices, en étant dans le bon état d’esprit.

Avoir le retour sur tes productions est une mine d’or, pour avancer, progresser, remettre en question ou en perspective certains de tes points de vue. C’est très important.

Mention spéciale ici si tu travailles tout seul, c’est d’autant plus important, si tu es tout seul, tu le sais, tu n’as pas de point de comparaison, pas de collègues pour te challenger, personne avec qui partager ton idée pour la confirmer ou pour te dire qu’elle est mauvaise.
Quand tu es seul il n’y a pas d’émulsion, alors pour la créer: partages !

C’est aussi un remède contre le syndrome de l’imposteur, d’être confronté au réel, sortir de ta bulle. Voir tes points forts.

Conclusion

Une dernière remarque sur les apprentissages liés au partage : tu vas avoir besoin d’empathie, de pédagogie, d’écoute, des qualités sociales et de communication que tu vas devoir apprendre ou renforcer pour faire passer ton message de la meilleure manière possible. Des qualités qui te serviront dans toute la dimension relationnelle de l’exercice de ton métier !

Le partage, la transmission sont une bénédiction pour ceux qui la pratiquent et ceux qui la reçoivent, ça ne présente aucun risque, tu peux le faire à ton rythme, et ça ne peut faire que du bien, alors t’attends quoi ?

Pour commencer si t’as aimé, ou pas, dis le, donnes nous ton avis.

Auteur : Nicolas Bouteillier

Si Nicolas était une liste de tags: développeur, technicien, artisan, entrepreneur, geek. Nicolas est développeur depuis 2002, il a accompagné en mode lean startup plusieurs démarrages de projets, gérant de sa SARL, autoentrepreneur, salarié, c'est un touche à tout riche d'expériences variées qui a accosté sur les rives de l'agilité sans jamais quitter le monde entrepreneurial.

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